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Holographie et éducation : interview de Tony Molloy – Panasonic

L’holographie vient jusqu’à vous

L’Imperial College Business School a créé l’événement lors de la convention Women in Tech à Londres. En recevant ses invités par hologramme, la prestigieuse école de commerce anglaise a su littéralement époustoufler son audience. Au-delà d’avoir créé la surprise, elle a aussi ouvert un formidable débat sur le potentiel infini de cette application dérivée de la technologie laser. Que ce soit dans le secteur événementiel, mais également le secteur économique ou le secteur éducatif, l’holographie suscite un intérêt sans cesse croissant. Dans le cadre du projet de recherche sur « Le futur des espaces de rencontre », auquel Panasonic a contribué, la présence holographique y était clairement identifiée comme étant la prochaine tendance des conférences, meetings et autres séminaires. Voilà qui peut laisser songeur quant à l’avenir de l’utilisation de la technologie de l’hologramme dans la communication au sens large…

Tony Molloy, Responsable du développement commercial européen pour les études supérieures chez Panasonic lève le voile sur cette prouesse technologique et ses divers champs d’application futurs.

L’illusion du réel, une affaire de technicité

De la science-fiction à la réalité

« Il y a quarante ans, Princesse Leia apparaissait prodigieusement dans une projection par R2D2, pour appeler au secours Luke Skywalker et la Rébellion dans le film Star Wars, déclenchant instantanément la fascination de toute une génération pour les hologrammes. Pour les technologies d’avenir, George Lucas, avec sa vision anticipatrice, a placé la barre très haut » relate Tony Molloy, un brin admiratif.

Pourtant, l’Imperial College Business School à Londres a rendu l’incroyable tangible. Réunir les gens, quel que soit l’endroit où ils se situent dans le monde, dans une sorte d’espace-temps reconstitué n’a jamais été aussi simple. Au cours d’un événement qui mettait la technologie et les femmes à l’honneur, les intervenants, sous forme d’hologrammes, ont pu échanger avec les étudiants en direct. Réagissant spontanément et répondant aux questions en temps réel, exactement comme ils l’auraient fait s’ils avaient été physiquement présents, les conférenciers ont délivré une prestation plus vraie que nature. L’immédiateté du rendu s’est faite par le biais d’une Camera Link. Ce type de caméra connectée a pour particularité de supprimer le temps de latence, ce qui pourrait nuire à la fluidité des échanges entre les versions hologrammes des intervenants et leur audience. Sans ces quelques instants de décalage auxquels les systèmes de télécommunication grand public nous avaient habitués, le résultat donnait l’impression que tous étaient dans la même pièce. Pourtant, en vérité, ce sont des milliers de kilomètres qui les séparaient.

L’interactivité, composante essentielle à l’expérience holographique

Tony Molloy nous l’assure, le public londonien a eu « le même ressenti que s’il s’était trouvé réellement face aux orateurs ». Côté coulisses, le dispositif consistait à projeter une image en live sur un écran de verre, créant une illusion de profondeur en utilisant une toile de fond en arrière-plan, un projecteur et un moniteur. « Afin de garantir l’impression de réalité et l’interaction avec le public, les invités ont été équipés d’un écran haute définition dans un studio distant, configuré de façon à permettre le contact visuel avec les spectateurs », poursuit le responsable commercial de chez Panasonic. Pour les spectateurs comme pour les orateurs, l’illusion de proximité était parfaite, renforçant la véracité de leurs échanges et rendant l’expérience d’autant plus plaisante pour chacun d’entre eux. Une chose est sûre, ce déploiement de technologies permet de compter plus de personnes que lorsqu’une présence réelle est requise. Il faut aussi reconnaître que les participants à ce genre de réunion sont résolument plus engagés et concernés que par une simple vidéo. En cela, les retombées de l’utilisation de la technique de l’holographie dans l’éducation pourraient être déterminantes.

L’abolition des distances et ses avantages

La diminution des coûts

Le représentant de Panasonic est formel : « La projection holographique offre un environnement interactif qui permet aux organismes de faire des économies, sans pour autant perdre la qualité d’une présence humaine ». Tony Molloy nous explique clairement l’aubaine que représente « la perspective d’attirer les meilleurs et les plus pertinents des intervenants, où qu’ils se trouvent sur le globe, en éliminant les problématiques de temps, d’argent et d’impact environnemental ». Il avance même que « ce genre de technologie, moins coûteuse que les dispositifs holographiques de type – fantôme de Pepper -, est accessible aux universités et aux entreprises de taille moyenne ». Cette prouesse ouvre donc la voie à de nouvelles opportunités, aussi bien dans le domaine de l’éducation et de l’événementiel, que dans celui des affaires.

L’élargissement du partage des connaissances

En termes d’éducation, l’intérêt se situe, évidemment, dans la possibilité de bénéficier de cours magistraux avec des professeurs de renom. Une autre piste de réflexion serait la possibilité de mettre les travaux de recherche en commun avec les institutions du monde entier. Celles-ci sont effectivement nombreuses à afficher des partenariats avec les universités. De plus, les instituts d’études supérieures cherchent constamment à attirer davantage d’étudiants. Par exemple, l’Imperial College s’intéresserait grandement à l’holographie pour ses événements futurs, mais explore surtout la possibilité d’échanger avec des étudiants se trouvant à l’étranger. Avec ces avancées techniques, les éventuels nouveaux candidats aux grandes écoles pourraient se détourner des systèmes actuels de formation en ligne (e-learning). Combiner la technologie holographique avec la captation de conférence permettrait de produire une réplique tridimensionnelle exacte du service proposé aux étudiants en présentiel et de la diffuser bien au-delà des murs de l’école.

Et demain, la synergie des techniques

Profitant du salon high-tech ISE 2018 (Integrated Systems Europe), Panasonic a montré l’étendue de son savoir-faire en réalisant un spectacle mêlant danseurs, projection laser, mapping 3D et tracking. Tony Molloy nous raconte fièrement : « Nous nous sommes alliés à Novaline, qui a fourni les matériaux des écrans de projection. Utilisés en support de notre projecteur laser Panasonic à 3 puces, nous avons obtenu un résultat réaliste et vivant. Dans le passé, une technologie similaire avait été utilisée pour réunir sur scène les deux regrettés chanteurs 2-Pac et Amy Winehouse. Légèrement perturbant ou tout simplement génial ? », le débat reste ouvert, mais si l’on se fie à l’enthousiasme du représentant de Panasonic, sa réponse est facile à deviner.

Nous l’avons vu, l’application des hologrammes n’est pas que du spectacle, et surtout, ce n’est plus uniquement de la science-fiction. Le monde du divertissement en est évidemment déjà friand, mais celui de l’entreprise ainsi que le domaine de l’éducation ont de très bonnes raisons de s’intéresser à son développement. Ses avantages multiples, notamment en matière de coût, d’efficacité et de respect de l’environnement en font résolument une avancée technique à suivre de près. Si l’on en croit le spécialiste Tony Molloy, « même si l’holographie n’est encore qu’à l’aube de son évolution, elle pourrait bientôt être partie intégrante de la façon dont les entreprises communiquent, dont les étudiants apprennent et dont le public vit la représentation en direct. Les navettes spatiales et les sabres lasers ont encore de beaux jours devant eux ».

En réalité, avec la science des hologrammes, c’est surtout le champ des possibles qui s’ouvre aux prochaines générations.

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